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Y. Perret : « Les salons étudiants en ligne représentent l’avenir »

Y. Perret : « Les salons étudiants en ligne représentent l’avenir »
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Cette année, la rentrée universitaire a été mouvementée avec la controversée plateforme Parcoursup. Alors que les lycéens font chaque année le choix de leur projet professionnel, certains redoutent de ne pas trouver la formation idéale pour y aboutir. Pour faciliter l’obtention d’informations sur les études post-bac, le Groupe Adiona lance un nouveau service : MonSalonÉtudiant.com. Ce concept de nouveaux salons étudiants a la particularité d’être uniquement présent sur le numérique. Le tout premier salon se tiendra le 25 septembre prochain et concernera les écoles de commerce. Yves Perret, fondateur du Groupe Adiona, explique les avantages pour les étudiants et pour les écoles d’un salon étudiant entièrement digitalisé.

Sommaire

L’Étudiant-Voyageur : La rentrée universitaire est marquée par la polémique autour de la plateforme Parcoursup. Quel regard portez-vous sur la situation de dizaines de milliers jeunes qui attendaient leur affection début septembre ?

Yves Perret : Un problème est à la base de cette situation. Les jeunes sont mal orientés et ils ne voient pas toutes les possibilités de parcours universitaire qui existent. Souvent, des filières mieux « marketés » présentent plus d’intérêt que d’autres. Ce n’est pas forcément un choix bien mesuré de la part des étudiants. La grosse problématique de Parcoursup est que tous les jeunes s’engouffrent dans les mêmes filières. Alors que si les jeunes avaient eu toutes les informations en main, ils auraient pu faire d’autre choix. La répartition des étudiants aurait pu mieux se faire. Selon moi, une orientation pour un jeune en Terminale se fait dès la rentrée et non pas à partir de février où il s’agit de monter des dossiers ou passer des concours. L’étudiant doit très tôt penser d’abord en fonction de ce qu’il a envie de faire plutôt que d’être influencé par les stéréotypes de l’orientation. Mais aussi par les parents, par les amis ou par les professeurs. C’est une éducation à changer dans la façon de communiquer l’information. Certaines formations notamment professionnalisantes comme l’apprentissage ont été sous-estimées alors qu’il n’existe pas de sous-métier. L’Allemagne a su prendre ce virage, mais pas la France. Malgré tout, c’est logique qu’il y ait des couacs avec Parcoursup étant donné que c’est la première année de ce système (NDLR : la plateforme a remplacé l’ancien système d’affectation universitaire Admission Post-Bac).

E-V : Évoquons une autre plateforme. Vous venez de lancer un nouveau service appelé MonSalonÉtudiant.com. Celui-ci propose de visiter des salons virtuels toute l’année. En quoi est-ce un concept innovant ?

Y.P. : C’est totalement innovant pour plusieurs raisons. D’une part, le Groupe Adiona répond à cette problématique d’orientation. Les jeunes n’ont pas les informations nécessaires pour prendre la bonne décision car la manière de les communiquer est obsolète et vieillissante. C’est par une présence physique dans un salon ou dans une boutique que l’on peut aujourd’hui retirer un flyer ou discuter avec un expert. Mais, ça se passe une fois dans l’année et à un endroit précis dans l’année. Et, on sait bien que les 2.5 millions d’étudiants ou les 2.2 millions de lycéens ne peuvent accéder à ces informations-là physiquement. Il y a une problématique géographique forte. On a donc décidé de virtualiser les salons étudiants pour donner à tous les lycéens de France, où qu’ils soient, l’information qu’ils attendent. C’est aussi une problématique pour les exposants : la présence coûte chère entre le transport et l’hébergement. Et, ils ne peuvent pas se déplacer dans toutes les grandes villes de France.

E-V : Quel place a pris le numérique dans l’orientation aujourd’hui ?

Y.P. : Clairement, il est impensable d’imaginer que l’on puisse revenir en arrière. Aujourd’hui, les jeunes sont qualifiés de « digital natives ». Ils ne vont pas revenir demain armé d’un papier et d’un stylo. Les smartphones, les tablettes et les laptops les ont remplacé et simplifient considérablement la vie des étudiants. Avec ces outils, on peut avoir une information quasi immédiate. Les jeunes veulent de l’instantané et de l’immédiat dans tout ce qu’ils consomment. La place du numérique est là et on se rend compte que les anciens business models se digitalisent. Toutes les industries qui s’adressent aux jeunes – dont fait partie l’orientation – sont digitalisées. Par exemple, les journaux papiers ont beaucoup de mal à parler aux publics jeunes car ce sont des seniors qui les achètent et les lisent. La digitalisation prend du temps, elle ne se fait pas en un claquement de doigts, mais il est primordial de s’adapter à cette nouvelle génération de jeunes.

E-V : Une étude a été menée par le Groupe Adiona pour identifier les besoins et les manques de 1400 jeunes. Quels sont les résultats ?

Y.P. : Nous avons mené plusieurs études depuis que nous avons débuté en 2009 car nous avons la chance d’avoir une importante base de données d’étudiants. Nous leurs posons plein de questions sur ce qui peut les intéresser et leur façon de consommer leur avenir professionnel. Globalement, le constat de la dernière enquête est très simple : on ne se trompe pas en digitalisant les salons étudiants. Pourquoi ? Parce c’est ce que les jeunes recherchent. 74% des étudiants qui nous ont répondu pensent qu’un salon virtuel est plus pratique car ils n’ont pas à se déplacer. En outre, pour 92% d’entre eux, ils souhaiteraient que leur école participe à des salons virtuels. Les jeunes sont aussi rassurés dans le sens où, derrière un écran, on pose plus facilement des questions. Il faut se dire qu’à l’âge de 17 ou 18 ans, on peut avoir peur du regard ou du préjugé. La digitalisation des salons les libère de ce point de vue. Cela facilite grandement la relation entre les étudiants et les experts de l’orientation. Pour les 1400 jeunes questionnés, les salons étudiants en ligne représentent l’avenir.

E-V : Quels sont les avantages de MonSalonÉtudiant.com par rapport à des salons physiques présents partout en France ?

Y.P. : Il y a deux cibles : les exposants et les étudiants. Du côté des exposants, les avantages sont considérables pour eux. Il n’y a plus de frais de déplacement, de logistique à mettre en place, de flyers à imprimer ou de sociétés événementielles à engager pour agencer le stand. Les stands physiques sont également hors de prix avec une location à hauteur de 4500€ le 9m² en moyenne. C’est aussi un gain de temps et une facilité de communication. Nous avons contacté des écoles qui ont arrêté les salons étudiants physiques car elles n’obtenaient pas de retour sur investissement. Alors qu’avec notre plateforme, les écoles partent à la fin du salon avec la liste de tous les jeunes qui ont visité leurs stands ainsi que leurs coordonnés (nom, prénom et adresse e-mail). De plus, les écoles recherchent de plus en plus ces « digital natives » accros aux nouvelle technologies. Nous sommes convaincus que les écoles auront des jeunes talentueux, de meilleure qualité et issus de la France entière grâce à MonSalonÉtudiant.com. Du point du vue des jeunes, les avantages sont aussi très importants. Le principal est que l’on permet de s’adresser à tous les jeunes de l’Hexagone. On détient également une diversité de salons importante. Prenons un exemple : un jeune en Terminale qui n’est pas encore fixé sur son orientation. Avec notre plateforme, il peut assister en ligne à tous les salons et ses thématiques très diverses : écoles de commerce, de tourisme, d’audiovisuel, d’ingénieurs, de communication ou encore d’informatique. A l’issu des salons étudiants auxquels il aura participé, il aura toutes les informations en main pour s’inscrire et prendre la bonne décision pour son orientation. Nous voyons encore tellement de jeunes qui, dès la première année post-bac, se réorientent car ils se rendent compte que la filière choisie ne leur plait pas. Ils perdent une année car ils n’ont pas pris le temps de bien s’orienter.

E-V : Toutes les écoles peuvent participer à ce programme ? Comment une école intéressée peut-elle s’inscrire ?

Y.P. : Toutes les écoles peuvent effectivement participer. La seule limite imposée est la thématique du salon. Car, tous nos salons étudiants ont une thématique spécifique. On a des salons exclusivement dédiées au commerce, à la communication et au journalisme, à l’hôtellerie, au luxe ou aux prépas. Pour chaque salon, nous veillons à avoir uniquement des intervenants dans ces domaines-là. Sur certains salons étudiants, il y aura la présence de partenaires qui accompagnent l’orientation. Les mutuelles étudiantes seront là pour répondre à toutes les questions que se posent les jeunes sur leur santé. Il y aura bien entendu des partenaires bancaires pour accompagner les jeunes dans le financement de leurs études qui peuvent parfois être coûteuses. Enfin, nous œuvrons pour la présence d’acteurs engagés dans la mobilité internationale afin d’encourager les jeunes à s’expatrier et à rechercher un stage à l’étranger.

E-V : Ces salons physiques sont surtout organisés dans les grandes villes. Une plateforme numérique est-elle également le moyen de rapprocher les jeunes ruraux habitant en territoire enclavé avec les études supérieures ?

Y.P. : Je trouve qu’Internet est génial dans le sens où cela permet de rendre une information équitable pour l’ensemble. Où que l’on soit, on a tous la même information et on est tous sur un pied d’égalité. Ce qui n’est pas le cas dans l’ancien modèle des salons étudiants. Si un jeune vivait à Paris, il avait théoriquement toutes les opportunités. Et pour tous les autres étudiants implantés en province, ils partaient avec moins de chance. Il faut casser cette logique. Par exemple, de nos jours, il est possible de visualiser sur Youtube des formations de professeurs ou de coachs qui enseignent à l’université d’Harvard aux Etats-Unis. A des milliers de kilomètres, on a donc accès à la même information qu’un étudiant de cette prestigieuse université. C’est pareil dans le cadre d’un salon virtuel. Il n’y a plus de jeunes prioritaires parce qu’ils habitent à Paris ou dans une grande métropole comme Lyon, Marseille ou Bordeaux. Un jeune situé en territoire enclavé aura la même information de qualité qu’un autre pour réussir son orientation professionnelle.

E-V : Évoquons les aspects pratiques de la plateforme. Quelles démarches doit effectuer un jeune intéressé pour participer aux différents salons étudiants ?

Y.P. : C’est très simple. Il suffit de choisir les salons que l’étudiant convoite. Chaque jeune peut retrouver la liste des différents salons sur le site internet de MonSalonÉtudiant.com. Trente salons étudiants sont d’ores et déjà programmés. D’autres viendront peut-être s’intercaler car on reçoit des demandes de la part d‘autres exposants pour présenter d’autres thématiques. L’étudiant peut s’inscrire en amont. Il peut le faire dès aujourd’hui même si le salon a lieu à la fin de l’année. Une fois l’inscription bouclée, nous allons l’informer de son enregistrement et quelques jours avant la tenue de l’événement, nous effectuerons des rappels par e-mail et par message. Chaque étudiant aura un login et un mot de passe avec lequel il pourra se connecter et interagir avec les experts de l’orientation.

E-V : Dès le 25 septembre prochain, comment le jeune va pouvoir interagir avec les représentants d’une école sur la plateforme MonSalonÉtudiant.com ?

Y.P. : Comme un salon étudiant physique, l’étudiant arrivera dans des halls avec des thématiques où seront présents des exposants. Le jeune n’aura donc qu’à cliquer sur l’exposant choisi et interagir avec le représentant de l’école. Il pourra le faire soit par tchat, soit par visioconférence, soit par téléphone car les coordonnées des écoles seront indiquées. Sur notre plateforme, les exposants ont cette capacité de pouvoir discuter avec plusieurs visiteurs. Les écoles ont la possibilité d’avoir six personnes postées derrière leur écran pour répondre aux sollicitations des jeunes. Le risque d’embouteillage est donc moindre par rapport à une plateforme physique. Les salons étudiants seront ouverts de 9 heures à 19 heures sans interruption.

E-V : Quels conseils donneriez-vous à un étudiant inscrit pour qu’il optimise ses chances de trouver la formation idéale ?

Y.P. : Le principal conseil que je donnerai est de prendre l’information le plus tôt possible. Une fois qu’il arrive dans le salon, le jeune doit rentrer en contact avec tous les professionnels qui sont liés à ses envies et à son projet professionnel. Il ne doit pas se limiter à simplement deux ou trois écoles mais à l’ensemble qui l’intéresse. Il est important de toujours poser les mêmes questions aux exposants. Ce qui lui permettra d’analyser et de comparer les réponses obtenues. Un récapitulatif de l’ensemble des informations qu’il aura récoltées est nécessaire. Il ne faut pas hésiter à poser des questions concrètes sur le coût des études, la qualité de l’enseignement, les accréditions de l’établissement et la reconnaissance du programme universitaire. Ce seront des critères déterminants pour choisir telle ou telle école à la fin. Un curriculum vitae ne sera pas demandé par les exposants car il s’agit d’une démarche avant tout informative. Les représentants seront d’abord là pour répondre à des questions. Attention, en revanche, à ne pas utiliser un langage trop « SMS ». Il faut respecter les représentants des écoles et les codes de communication, même derrière son écran, habillé en pyjama et blotti sous sa couette. Dans tous les cas, il est essentiel pour un étudiant de se poser la question suivante : « Quel est le métier que je veux faire plus tard ? Et quel peut-être le parcours pour y arriver ? ». C’est, je crois, la base d’une orientation réussie.

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