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Parcoursup : le gouvernement prévoit des changements en 2019

Parcoursup : le gouvernement prévoit des changements en 2019
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Vivement critiquée au moment de la rentrée, la plateforme Parcoursup n’a pas laissé indifférent. Le dispositif qui a remplacé Admission Post-Bac (APB) s’est clôturé le 21 septembre dernier. A l’heure de tirer le bilan, le gouvernement prévoit des ajustements et des modifications pour la rentrée prochaine.

Parcoursup : « Une vraie réussite », selon le gouvernement

Le feuilleton a duré tout l’été. La plateforme d’admission Parcoursup a ébranlé la rentrée universitaire début septembre. Au moment de rejoindre les bancs de l’université, près de 60.000 néo-bacheliers étaient encore en attente d’une affectation. Les syndicats lycéens et étudiants réclamaient la revue complète du dispositif. Certains comme la Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne souhaitent l’abrogation pure et simple de ce système décrit comme discriminatoire par ses opposants. Par la voix de son président Samuel Szencker, la FIDL a dénoncé les « sélections permises » par la plateforme. Des bugs disparates sont également apparues comme lors de la saturation de la plateforme survenue le 22 mai 2018. Un afflux important de bacheliers sur le site Internet avait entraîné une lenteur dans la procédure d’acceptation ou de déclinaison des réponses aux vœux.

Malgré des étudiants plongés dans l’incertitude professionnelle, le gouvernement s’est, lui, félicité du bilan par la voix de Frédérique Vidal. La ministre de l’Enseignement supérieur a évoqué « une vraie réussite » lors de la conférence de presse de rentrée organisée le mardi 25 septembre à l’université Paris-Sud à Orsay (Essonne). A l’occasion de ce point presse attendu, la ministre de l’Enseignement supérieur a détaillé les derniers chiffres de la première campagne de Parcoursup qui « a rempli sa mission ». A la clôture effectuée le 21 septembre, près de 955 nouveaux bacheliers n’avaient pas encore reçu ou accepté de proposition. Les profils de ces candidats laissés sur le carreau proviennent essentiellement des filières professionnelles et technologiques.

Les principaux chiffres communiqués par le gouvernement :

  • 583 274 jeunes ont accepté une proposition de Parcoursup. Ce sont 27 000 candidats de plus que la dernière campagne d’Admission Post-Bac.
  • 955 bacheliers sont encore en attente d’affectation (contre 3 729 l’an passé).
  • La plateforme Parcoursup a fait quelques 2,4 millions de propositions.
  • Sur 812 000 candidats inscrits au préalable, 730 000 jeunes ont reçu aune proposition.
  • En moyenne, chaque candidat a reçu trois propositions.

L’ancienne présidente de l’université Sophia-Antipolis de Nice a insisté sur les chiffres concernant les étudiants boursiers. En effet, +21% des boursiers sont admis dans l’enseignement supérieur par rapport à l’année passée, tandis que davantage de boursiers ont été intégrés dans les classes préparatoires parisiennes (+28%). Ces bons chiffres ont permis à Frédérique Vidal de contrer ce qu’elle a nommé les « légendes urbaines » qui évoquaient un renforcement des discriminations et des inégalités sociales avec Parcoursup.

Les ajustements prévues pour la rentrée prochaine

Malgré des résultats encourageants, le gouvernement a entendu les voix contestatrices qui se sont élevées dès le lancement de Parcoursup le 15 janvier 2018. « L’amélioration permanente doit devenir la règle, année par année », a concédé la ministre de l’Enseignement supérieur. Le principal point d’amélioration devrait figurer dans la définition du calendrier. Celui-ci devrait être resserré afin d’éviter que des jeunes restent sans formation au moment de la rentrée universitaire. Ainsi, la phase principale devrait se clôturer à la fin de mois de juillet, et non plus en septembre comme c’était le cas cette année.

Pas de retour de hiérarchisation des vœux

Le retour de la hiérarchisation des vœux était le souhait de lycéens et de professeurs. En effet, sur Admission Post-bac, il était possible de classer ses vœux par ordre de priorité. Ce qui permettait aux futurs bacheliers de prioriser leurs envies par rapport à leur projet professionnel. Sur Parcoursup, aucune hiérarchisation n’était possible. Il s’agissait d’un souhait de la politique d’orientation voulue par le gouvernement. Frédérique Vidal veut, en effet, que les lycéens aient la capacité de répondre à chacune de leur proposition. La hiérarchisation ne devrait donc pas être de retour pour la campagne 2019. En revanche, la possibilité d’une « réponse automatique » pour les candidats qui ont une vision suffisamment claire de leurs choix est évoquée.

Un renforcement du niveau d’information

Parcoursup manquait de transparence pour ses opposants. Pour pallier le déficit de renseignements, le gouvernement mettra en place une nouveauté pour la prochaine session. Il s’agit de faire figurer le rang du dernier candidat appelé pour chaque formation. Les candidats pourront donc faire leur choix plus facilement selon le taux de réponse des formations. Dès l’entame de la procédure, le gouvernement souhaite également que les quotas de boursiers et de non-résidents dans l’académie soient affichés dès le départ. L’objectif d’un renforcement de l’information doit permettre aux bacheliers d’optimiser leurs choix et d’éviter les mauvaises surprises à la rentrée.

Un élargissement de l’offre sur Parcoursup

Pour éviter que des étudiants ne restent sur le carreau de l’orientation chaque année, le gouvernement ambitionne d’étendre le nombre d’offres. Près de 15% des formations en France sont aujourd’hui absentes du dispositif Parcoursup. Sur son compte Twitter, Frédérique Vidal a annoncé que « l’ensemble des formations seront sur la plateforme d’ici 2020« .  L’administration gérée par la titulaire d’une maîtrise de biochimie a d’ores et déjà annoncé que les établissements de formation en soins infirmiers seraient incorporés à la procédure dès l’année prochaine.

Anonymiser les dossiers des candidats

L’une des principales critiques apportées à Parcoursup concernait la transmission d’informations jugées futiles aux établissements. Des néo-bacheliers ont, par exemple, accusé la plateforme de faire preuve de discrimination, notamment sur les questions de résidence géographique. Durant le point presse du 25 septembre, Frédérique Vidal s’est dit « prête à travailler sur l’anonymisation » des dossiers de candidature. L’objectif serait de supprimer les informations qui n’ont aucun rapport avec l’examen des vœux.

Ces ajustements doivent permettre d’optimiser la plateforme et réengager des relations plus saines avec l’opposition politique lycéenne et étudiante. Les attentes sont nombreuses. Le calendrier pour la saisie des vœux sur Parcoursup n’a pas encore été communiqué. Il devrait, comme l’année dernière, se situait autour de la mi-janvier. D’ici-là, les lycéens sont invités à définir leur orientation dès le début de leur année de Terminale.

A savoir : l’historique des dossiers visible jusqu’au 22 octobre

Il est à noter que chaque candidat peut accéder à l’historique de son dossier et de ses vœux jusqu’au 22 octobre prochain. Bien que la fin de la procédure soit appliquée, le rectorat de l’académie peut aider les jeunes sans formation. Un accompagnement vers une autre formation ou vers un autre projet est possible par le biais des centres d’information et d’orientation (CIO) implantés un peu partout dans l’Hexagone. Les bacheliers sans affectation sont vivement invités à s’orienter vers ce service pour occuper leur année et aboutir à un projet professionnel.

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