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L’expérience d’Eva comme fille au pair en Allemagne

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Après Antoine, c’est aujourd’hui Eva qui nous livre son témoignage riche en anecdotes en Europe et plus particulièrement en Allemagne !

Salut ! Peux-tu nous nous en dire un peu plus sur toi ?

Salut, je m’appelle Eva et j’ai tout juste 20 ans. Je suis originaire d’Angers dans le Nord-Ouest de la France. Depuis toute petite je suis passionnée par les langues étrangères, ce qui m’a amené à faire un Bac L puis à commencer une licence LEA Anglais-Allemand option Mandarin. J’avais un (très) bon niveau d’anglais parce que j’ai toujours eu des amis étrangers, j’ai toujours pris des options d’anglais en plus depuis le collège et j’ai aussi eu beaucoup de correspondants trouvés sur des sites internet. Cependant mon niveau d’allemand était plutôt minime, même si j’avais pris pour le bac une option d’allemand renforcé. Arrivée en première année de licence, je me suis vite rendue compte que les niveaux entre mes deux langues étaient trop différents pour pouvoir continuer sans problème.

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Partir en Allemagne était-ce un choix ou un hasard ?

Je me suis décidé plutôt sur un coup de tête de partir en tant qu’Au Pair en Allemagne et de faire une pause dans mes études. L’idée de devenir Au Pair n’était pas vraiment si nouvelle pour moi parce que j’y pensais depuis déjà environ 4 ans, mais je voulais le faire avant tout aux Etats-Unis pour améliorer mon anglais. Le fait est que mes parents n’étaient pas trop d’accord de me laisser partir un an avant d’avoir fait des études, j’avais décidé de commencer une licence. Et comme je me suis rendue compte que je devais absolument améliorer mon allemand pour me faciliter la vie, je me suis tourné vers une année Au Pair en Allemagne. J’avais déjà été 5-6 fois en Allemagne auparavant, je savais donc que j’adorais le pays même si je n’en parlais pas encore très bien la langue. J’avais aussi envie de découvrir la culture de « l’intérieur », parce que pour les Français, l’Allemagne reste un pays un peu mystérieux, on en parle pas beaucoup à part pour se moquer.

Peux-tu nous parler de ce que tu as fait en Allemagne ?

En tant qu’Au Pair, on doit endosser tour à tour le rôle de nounou, de grande sœur et même de mère. Je suis allée dans une famille de 4 personnes, avec deux filles de 6 et 9 ans (maintenant 7 et 10), dans un village de Nordrhein-Westfalen situé entre Münster et Osnabrück (Coup du hasard : Osnabrück est jumelé avec Angers, ma ville !). Pour ce qui est de mon emploi du temps, il est plutôt flexible : les parents emmènent les enfants à l’école le matin et je ne commence qu’à travailler vraiment qu’à l’heure où je les récupère de l’école. En Allemagne, c’est plus tôt qu’en France. La plupart du temps, je récupère la plus jeune entre 11h30 et 12h30. La plus grande a fait son entrée l’an dernier dans l’équivalent du collège en France, donc je la récupère entre 13h30 et 15h45. Le matin, je me réveille en général vers 9h30 et me prépare jusqu’à 10h puis je vais ranger les chambres des enfants.

Ensuite j’ai généralement une heure de libre afin de pouvoir faire des courses et cuisiner. La maman travaille à Hamburg à 70%, les 30% restants elle travaille à partir de la maison. Du coup le lundi et le vendredi, c’est elle qui cuisine. Mes après-midis sont rythmés en fonction des petites : repas, devoirs, activités extra-scolaires ou jouer avec les amies. Le tout se finit à 18h environ, parce qu’en Allemagne on mange sur les coups de 18h30. Je suis responsable de la préparation de l’Abendbrot, comme on dit : des tranches de pain, des légumes crus (poivrons, carottes, tomates, concombre etc…), du fromage et autres petites choses selon les soirs où on en retrouve sur la table. Ensuite on mange puis les filles ont le droit de regarder la télévision jusqu’à 20h, heure du coucher. C’est à ce moment-là que se termine ma journée en général. Il peut aussi arriver que les parents soient tous les deux absents en soirée, c’est donc moi qui met les petites au lit et j’attends le retour des parents, voir je dors dans la chambre d’amis et réveille les enfants le lendemain, les emmène à l’école etc.

« J’ai la chance d’avoir une chambre à part dans la maison qui est un petit appartement. »

On vit dans une ancienne ferme, donc la disposition de la maison est un peu spéciale. Avant d’entrer dans la vraie maison avec les pièces à vivre, on a une entrée aussi grande qu’un salon. Dans cette partie se trouve aussi l’entrée à mon appartement ainsi que l’entrée à la maison. J’ai pour moi toute seule environ 40m², cuisine, petit salon, chambre et salle de bain compris, avec la meilleure vue de toute la maison s’il-vous-plaît !

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Qu’as-tu retenu de ton expérience en tant qu’au pair ?

J’ai conscience d’avoir eu beaucoup de chance en tombant sur cette famille allemande. Contrairement à beaucoup d’Au Pair, j’ai mon propre espace dans la maison au lieu d’avoir uniquement une chambre. J’ai des horaires plutôt flexibles donc je ne sais pas combien d’heures je travaille exactement mais ça tourne autour des 40h/semaine, des fois beaucoup moins, des fois beaucoup plus. J’ai eu beaucoup de difficultés après deux, trois mois avec la plus jeune des enfants. Elle tenait beaucoup à l’Au Pair qui était là avant moi (ils ont eu déjà 5 filles avant moi) et le courant n’est pas trop bien passé parce que je ne comprenais pas ce qu’elle attendait de moi. Après avoir passé deux semaines à me faire insulter, j’en ai discuté avec les parents et ils m’ont donné des indices : j’agissais encore comme une personne qui ne pensait qu’à elle et pas aux enfants en premier. Etre Au Pair, c’est vraiment devenir maman du jour au lendemain et ça a été compliqué de me mettre ça en tête. Mais depuis que je montre de l’attention, que je joue avec les filles et aussi que je me suis amélioré en cuisine, tout se passe beaucoup mieux. La plus jeune qui posait tant de problèmes m’a même avoué que j’étais une de ses au pair préférées.

« J’ai mûri à vitesse grand V ! »

Avant, j’avais des problèmes à communiquer avec mes parents, on ne s’entendait plus trop et on ne parvenait pas à régler ça. Maintenant que je comprends ce que ça fait d’être parent et d‘être responsable pour une autre vie que la sienne, je comprends totalement ma mère et toutes ses critiques. Je me suis découverte très aventurière, à prendre le train et le bus toute seule en Allemagne sans savoir où je devais vraiment me rendre, quel arrêt etc. Je me suis trompé énormément de fois dans les tickets achetés et j’ai dû descendre des trains puis rentrer d’une façon ou d’une autre. Une fois sans portable parce qu’il avait rendu l’âme un jour avant de partir, une autre fois car je n’avais plus de batterie. J’ai dû assez souvent prendre mon courage à deux mains et demander avec mon « broken german » aux gens dans la rue où je pouvais trouver l’adresse que je cherchais.

En France, j’avais peur des gens, de leurs regards qui jugent tout le temps. Je me suis aussi découvert une patience jusque là inconnue. Quand les petites ne sont pas tendre avec moi, je reste maintenant toujours très calme et ne crie pas en retour. J’arrive à avoir des conversations d’adulte pour les calmer, je prends mon temps. Avant, je voulais toujours tout faire vite et je pense que c’est l’une des meilleures qualités que je pouvais développer après cette année en tant qu’Au Pair. En Allemagne les gens sont plus cools et aussi plus francs. Ils aident très naturellement quand on leur demande quelque chose.

« Je me suis découvert une assurance et une confiance en moi que je n’avais pas jusque là. »

La culture de la nourriture et du repas m’aura le plus décontenancé en Allemagne, je crois… Le midi, on mange un plat principal et la plupart du temps, c’est tout. Un dessert ici est considéré comme une sorte de « bonbon », ce que je considère comme un dessert (yaourt par exemple), est ici considéré comme une sucrerie. Le soir, on mange léger et la plupart du temps froid, sauf en hiver où une soupe est la bienvenue par les températures hivernales. J’aimerais rajouter qu’ici, on devient vraiment allemand quand on mange une glace à toute heure. Dès qu’il y a un rayon de soleil, vous pourrez voir toutes les rues remplies de gens avec leur cornet. Mais que ce soit printemps, été, automne et même des fois hiver, tout le monde a sa glace à la main !

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Que peux-tu nous dire sur la vie en dans la ville où tu es et sur ses habitants ? As-tu eu un choc culturel ? Une anecdote à raconter ?

Je vis ici dans un village d’environ 2500 personnes, avec un bus qui passe toutes les heures pour rejoindre les villes d’à côté, qui sont plutôt bien desservies avec un train toutes les heures, en direction des grosses villes d’environ 200 000-300 000 habitants. Mon département est le Nordrhein-Westfalen, le plus peuplé d’Allemagne et il est aussi à la frontière ouest avec les autres pays européens. La frontière avec la Hollande se situe à moins d’une heure. Je n’ai pas eu de choc culturel parce que j’habitais aussi en campagne en France.

Qu’est-ce que tu y as aimé ?

J’ai aimé découvrir une nouvelle culture et m’y intégrer le plus possible, découvrir un autre mode de vie. Ma vie ici est très différente, rien qu’à cause de la maison et de la famille. Le fait est que je ne me suis fait qu’un ami allemand, tout le reste vient de l’étranger. En arrivant, je pensais que j’allais être la seule étrangère du village mais il y a une association qui aide les personnes handicapées et qui ne recrute que des étrangers… Ce qui fait donc qu’on est sûrement une bonne cinquantaine à ne pas être allemands ! A travers ça, je n’ai pu rencontrer presque que des étrangers mais ils étaient depuis assez longtemps en Allemagne donc mon niveau en allemand a quand même grimpé en flèche.

Quels endroits as-tu pu découvrir durant ton séjour ?

Mon train-train quotidien français ne m’autorisait aucune aventure, mais depuis que je touche un salaire (certes peu, je gagne 260€ par mois et la famille me donne en plus 30€ pour mon portable et le ticket de transport chaque mois), j’ai pu voyager un peu : Berlin, Hamburg, Cologne, Frankfurt, Duisburg et Düsseldorf ainsi qu’Amsterdam. J’ai aussi fait des petits voyages d’un jour dans des villes plus petites pas très connues des Français.

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Quels sont tes conseils pour tous ceux qui envisagent de partir comme toi ?

Je conseillerai à tous ceux et celles qui veulent partir en tant qu’au pair (oui j’ai aussi rencontré des garçons le faisant !) de bien prendre le temps de chercher une famille. Pour l’Europe, il n’y a pas besoin de passer par une agence donc ça peut être un peu plus risqué. Une famille qui a déjà eu plusieurs Au Pair sur le long terme auparavant est plus sûr. Personnellement, j’avais aussi déjà discuté avec la fille au pair avant moi sur Skype pour connaître son ressenti. Avec la famille on a discuté sur Skype plusieurs fois, on s’est envoyé des mails etc… Bien faire attention à remplir un contrat et à en faire des copies est aussi très important, parce que si l’on a pas de contrat, c’est compté comme du travail non déclaré et la famille peut nous renvoyer quand elle veut. J’ai une amie à qui c’est arrivé et elle a été jetée à la rue en pleine nuit après une dispute… Avant de se décider pour une famille, il faut aussi se renseigner sur la ville où ils habitent. Est-ce que c’est conforme à ce qu’on s’attend ? Comment sont les moyens de transports dans la région ? Quels magasins se trouvent dans les grandes villes à côté/dans la ville même ?

« Se projeter est très important pour réussir son année Au Pair. »

Comment as-tu entendu parler de l’Etudiant Voyageur ?

J’ai connu le blog grâce à Twitter via @EtudiantVoyagR

Recommanderais-tu l’Etudiant Voyageur à tes ami(e)s ? Et pourquoi ?

Après avoir écumé le site, oui oui et oui ! Beaucoup de destinations sont disponibles et les articles renseignent bien. Le site va beaucoup m’aider pour la suite de mes voyages ainsi que pour mes stages obligatoires en licence !

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