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Enseigner le français à l’étranger : l’expérience de Marianne en Angleterre

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Devenir French Assistant en Angleterre : le projet de Marianne

Comme tu le sais, travailler en Angleterre attire de plus en plus de Français. Pour la première fois, nous recevons le témoignage de Marianne, une jeune assistante en français qui n’a pas hésité à nous faire part de son expérience en Angleterre.

Salut ! Peux-tu nous nous en dire un peu plus sur toi ?

Hello ! Pour la faire courte, je m’appelle Marianne, et je travaille actuellement dans une agence basée dans le sud de la France qui permet aux étudiants de partir faire des stages partout dans le monde.

J’ai obtenu mon Master d’anglais (dit ‘ACMA’, Aire culturelle du monde anglophone) en 2013 à Aix-Marseille Université. Ca ne paraît pas captivant expliqué comme ça, mais j’ai eu la chance d’étudier une langue qui me passionne, et sous toutes les coutures, en me spécialisant en littérature.

Mon projet ultime était de partir travailler en tant qu’assistante de français au Royaume-Uni dans un collège/lycée so British pour perfectionner mon anglais et faire profiter les jeunes britanniques de ma langue natale.

Partir au Royaume-Uni était-ce un choix ou un hasard ?

C’était tout sauf un hasard ! Quand on apprend l’anglais à l’âge de 4 ans et qu’on écoute les Beatles en boucle, c’est carrément un signe !

Mes études m’ont évidemment poussée dans cette voie, mes professeurs m’y ont encouragée, mais le programme Erasmus n’était pas accessible à mon budget d’étudiante à l’époque de ma licence et de mon master.

« C’était mon projet depuis l’adolescence et j’ai donc réalisé ce rêve : baigner dans la culture britannique et devenir parfaitement bilingue. »

Peux-tu nous parler de ce que tu as fait en Angleterre ?

J’étais French Teaching Assistant dans un grand pensionnat anglais des Midlands dans le Rutland, à Uppingham, un tout petit village. L’école s’étend sur tout le village, c’est une école mixte, les élèves sont bien élevés et respectueux : uniformes et discipline au programme, avec une petite touche de fun, 7 jours sur 7 !

Il s’agissait pour moi d’enseigner le français en cours particuliers (groupe de deux), particulièrement la grammaire et l’oral, de préparer les élèves aux examens (IGCSE donc le brevet et A Levels, le bac), enseigner aux étudiants bilingues (DELF/DALF), faire du soutien scolaire, des cours particuliers, participer aux activités annexes (French Society qui organisait des dîners et séances de films en français) avec profs et élèves au sein de l’école.

Nous étions deux assistantes de français à travailler dans cette école, où le matériel était super moderne, et le salaire vraiment généreux pour 19h par semaine. J’ai même bénéficié d’un grand appartement sur place, pour un loyer dérisoire, et fourni par l’école !

Qu’as-tu retenu de ton expérience anglaise ?

Le PUB ! Encore et toujours le Pub !

pub pool

Plus sérieusement, culturellement, c’était génial de vivre à seulement 1h20 de train de Londres et de Cambridge, deux villes extraordinaires : musées, restaurants, pubs en tout genre, spectacles, théâtres (j’ai eu la chance d’être conviée pour une sortie scolaire pour voir All is Well that Ends Well joué par LA Royal Shakespeare Company, autant dire que c’était émouvant)… Cambridge est une ville baignée de culture, d’intellect, de bouquins (comme toutes les villes que j’ai visitées en fait), et même de soleil ! On aime s’y perdre au milieu des vélos qui parcourent ces jolies rues pavées, et c’est un lieu idéal pour les fans de shopping.

« Mes étudiants étaient absolument géniaux : généreux, drôles, serviables et très motivés ! »

Nous sommes toujours en contact très régulièrement et je suis très fière de leur réussite. Les liens que nous avons créés sont très forts. De même avec mes anciens collègues, qui ont été d’un grand soutien pendant ma période d’adaptation, et qui sont devenus mes amis.

Que peux-tu nous dire sur la vie en Angleterre (à Uppingham ?) et sur ses habitants ? As-tu eu un choc culturel ? Une anecdote à raconter ?

-Uppingham-School-ISS-Crop

Ah ça pour un choc culturel… ! C’est pas parce qu’on n’est pas si loin de l’Angleterre que le choc culturel ne se produit pas : certains clichés ont la dent dure (comme partout ?), mais il y a une ouverture d’esprit sur la charité, le bénévolat, l’entraide, et une tolérance sur la différence (d’origines, de styles, etc) dans les grandes villes. Londres est royale dans ce domaine : tout est possible et tout est accepté, du moins, ça en a tout l’air !

Me concernant, je vivais dans un petit village traditionnel en pleine campagne, mais clairement, où que l’on soit en Angleterre, le pub est une vraie institution, ainsi que les bières en tout genre et le cidre. Question nourriture, les gâteaux sont plutôt ‘lourds’ mais très gourmands, les ‘cups of tea’ toujours bienvenus, mais la baguette m’a atrocement manquée pendant ces deux années.

Dans le genre anecdotes, disons qu’elle est plutôt reliée à l’école et à mes étudiants avec qui nous avons organisé un concert lors du dîner de la French Society l’année dernière, sachant que j’allais quitter les lieux, j’ai pris l’initiative de ‘recruter’ mes étudiants musiciens (très nombreux dans cet établissement).

« Nous avons chanté et joué devant 40 élèves.« 

Un de mes étudiants nous a filmé et nous avons pu mettre la vidéo sur Youtube, j’ai toujours le frisson quand je la regarde, même si les fausses notes fusent, c’est un super souvenir !

Qu’est-ce que tu y as aimé ?

En Angleterre, presque tout, sauf la pluie et la grêle ! Il faut s’adapter au temps, pas facile pour une sudiste. J’ai pu aller dans des super bibliothèques (British Library de Londres, incroyable), me balader dans la nature verdoyante au milieu des pâturages de moutons, j’ai aimé les Afternoon Teas et ses scones, les salons de thé typiques, les soirées entre amis/collègues au Pub, les «pub quizz » entre amis près d’un feu de cheminée avachis dans les canapés confortables des pubs, l’accès facile à l’Art grâce aux très nombreuses galeries, Brighton (lors d’une sortie scolaire inoubliable) sa plage, ses confiseries, sa fête foraine qui ne s’éteint jamais et ses falaises qui donnent le vertige …

Quels endroits as-tu pu découvrir en Angleterre ?

J’aurais aimé en voir plus, mais vivre au sein d’un pensionnat demande beaucoup de présence sur place.

Comme je l’ai dit, j’ai pu visiter les incontournables : Londres, Cambridge, Oxford, le comté du Norfolk, le Kent et sa nature incroyable (côtoyer les biches devient possible…) … Tous ces lieux offrent des endroits magnifiques, des opportunités à saisir !

« Je conseille de visiter les « Colleges » de Cambridge, l’architecture est à couper le souffle ! »

Kings college cambridge

Quels sont tes conseils pour tous ceux qui envisagent de partir comme toi ?

Je conseillerai de s’y prendre en avance et de prendre le temps de remplir les fiches de candidatures souvent exigées par les établissements privés si ceux-ci vous intéressent.

Si vous souhaitez partir en tant qu’assistant(e) de français au Royaume-Uni, les candidatures spontanées ne marchent pas vraiment, mais vous pouvez trouver des opportunités très régulièrement sur internet et via le British Council (s’y prendre tôt).

Attention, le British Council ne vous enverra pas dans des établissements privés comme le pensionnat où j’ai eu la chance d’atterrir via mes propres recherches. Dans ce cas, préparez-vous à enseigner à un public tout aussi enrichissant mais peut-être un peu moins discipliné, pour environ 12 heures par semaines.

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